Le voyage d'une vie
Notre histoire

1956
Les débuts
Comment tout a commencé
«J'avais quatorze ans quand je trouvai un pistolet lance-fusées de la guerre de 1915–1918 : c'est ce jour-là que naquit ma passion pour les choses anciennes. Mes moyens financiers étaient alors très limités ; malgré tout, je parvenais à gagner quelques sous en revendant les objets chinés dans les bric-à-brac et les rutamàt des environs.
Quelques années plus tard, je partis en Angleterre : après un cours de langue à Oxford, je m'installai à Londres, où je dépensai les dernières économies mises de côté pour l'aventure anglaise ; par chance, je trouvai vite du travail à Soho, comme aide-serveur dans un restaurant italien. Je passai six mois au bord de la Tamise, visitant chaque samedi le célèbre marché de Portobello Road, à Notting Hill ; j'appris beaucoup et rapportai chez moi quelques babioles : petits ivoires, cannes de promenade, montres de gousset. Tant de choses curieuses qui m'ouvrirent les yeux sur ce que pouvait devenir une future activité commerciale. Le retour au pays ne fut toutefois pas un libre choix : je dus obligatoirement rentrer en Italie car, entre-temps, était arrivée la convocation du service militaire.
Une fois le service militaire terminé et de retour chez moi, je remarquai sur le Viale Zara, près du Rondò di Monza, une ferme délabrée ; je la pris en location. Les propriétaires m'accordèrent un loyer avantageux car, en plus de l'avoir en partie restaurée, j'en prenais soin».

1966
Naissance d'Aliprandi Antichità
Entre le Lambro et la Tamise
«En mai, j'obtins la licence de vente d'antiquités de la commune de Monza. Je me fis alors prêter par mes frères trois millions de lires, qui me permirent de réaliser mon premier achat important, au Royaume-Uni. J'achetai surtout des meubles : buffets, tables, chaises, fauteuils, et d'autres objets plus modestes de l'époque victorienne.
À Leeds, je fis ensuite la connaissance d'un personnage extraordinaire — l'antiquaire Charles Seep — qui me fit découvrir boutiques et entrepôts d'antiquités à travers toute l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande. Pendant une décennie, je fis des allers-retours, jusqu'à huit fois par an, entre l'Italie et les îles Britanniques : gagnant un peu, et apprenant beaucoup».

1976
De long en large à travers la Botte
Par salons et marchés
«Avec le temps, l'intérêt général pour les meubles anglais déclina ; par chance, j'avais entre-temps accumulé beaucoup d'autres choses intéressantes. Au XIXe siècle, le Royaume-Uni avait dominé la moitié du monde, et l'on pouvait trouver sur son territoire une infinité d'objets en argent, en ivoire, en bois précieux ; des objets très prisés des collectionneurs, moi compris.
Je commençai donc à fréquenter assidûment, avec mes raretés d'outre-Manche, les marchés italiens : Bollate, Brescia, Bergame, Arezzo, Città di Castello. Entre-temps, je m'étais marié, et grâce au soutien de mon épouse, nous commençâmes à participer aux salons : le Mercante in Fiera de Parme, Sabbioneta, Vérone, Modène, Cortone, Pennabilli, Sienne… puis ceux de Milan : la Permanente de la Via Turati, la Biennale in Fiera. Des expositions fantastiques qui nous poussèrent à améliorer la qualité de nos pièces, leur rareté et leur beauté. Souvent, nous découvrions des objets peu connus mais très importants : instruments scientifiques, anciens livres religieux riches de pages enluminées, émaux français, vanités en tout genre, et d'autres raretés que nous proposions aux collectionneurs.
Nous rêvions d'acheter une caravane pour être plus libres et profiter au mieux de cette vie un peu bohème : mais les choses changèrent».

1986
Dans la boutique de la via Madonnina
L'arrivée à Brera
«Un antiquaire de la Via Madonnina, à Brera, avait en effet décidé de prendre sa retraite : nous nous installâmes donc dans sa boutique. Cela nous permit d'améliorer notre travail, avec des antiquités plus précieuses et plus rares. Depuis, notre siège est toujours via Madonnina. Le lieu est petit, mais rempli de choses précieuses et très rares.
Depuis 2008, je suis secondé par ma fille Cristina, qui me suit en se passionnant pour tout ce qui nous passe entre les mains. C'est elle désormais l'antiquaire, et moi le conseiller.
J'aimerais retrouver un pistolet lance-fusées de 1915–1918. Je le mettrais dans un coffret, avec l'inscription Non à vendre».